La seule solution ? La route nationale « Centre Europe Atlantique », appelée communément RCEA, pourrait bien devenir la première nationale payante. La concession serait éventuellement confiée à APRR, qui gère déjà un certain nombre d'autoroutes en France.
Ce long ruban de bitume qui traverse la France (de Mâcon à Royan) connaît une histoire tumultueuse depuis plus de dix ans. Beaucoup de poids lourds y circulent, et si la majeure partie de la route est en configuration 2 x 2 voies, ce n'est pas le cas partout. Et... les accidents s'enchaînent et se ressemblent : « La RCEA est une route de transit où circulent entre 10 000 et 15 000 véhicules par jour, dont la moitié de camions. Elle est dans un état lamentable » commence le président du Conseil général de l'Allier, Jean-Paul Dufrègne. Et de continuer : « Notre pragmatisme nous pousse à accepter une mise en concession, avec des réserves importantes, notamment la gratuité pour les personnes qui font du cabotage. » Selon lui, « l'État n'a plus les moyens d'assumer ses infrastructures », et c'est bien là le problème. Pour moderniser cette route, une enveloppe de 900 millions d'euros serait nécessaire, une somme visiblement déraisonnable pour le budget d'un département comme l'Allier : « A la vitesse actuelle, il faudrait 30 ou 40 ans pour finir les travaux » maugrée le président communiste du département. Du côté du secrétariat d'État aux transports, on confirme que la RCEA pourrait bien être assujettie à péage : « Nous discuterons notamment des tarifs et des emplacements de barrières de péage. Cette discussion permettra de tenir compte des attentes des populations » a indiqué Dominique Bussereau il y a deux semaines, lors d'une visite à Clermont-Ferrand.


















