Pour renouer avec son passé prestigieux, c'était avant-guerre, Skoda reprend une dénomination de 1934 ! Ainsi qu'une plate-forme du groupe Volkswagen. Coiffant l'Octavia - au squelette de Golf -, la Superb la dépasse en longueur de 30 cm. Elle est même une Passat longue, puisqu'elle reprend la base de la Volkswagen vendue en Chine, étirée de 10 cm. Skoda vient ainsi se heurter à Volvo (cible avouée de la marque tchèque, à terme) à Peugeot et à d'autres, dont Opel.
L'Omega n'est plus une nouveauté, encore que, vu sa faible notoriété, certains peuvent la découvrir ; ce qu'elle mérite d'ailleurs. L'une des dernières propulsions avec les statutaires que sont BMW et Mercedes, elle constitue une valeur sûre. Hélas, ses pères ne sont jamais allés au bout de leur démarche, tuant dans l'oeuf la V8 pourtant promise et qui aurait « risqué » de « faire de l'image ». Au lieu de cela, elle se limite à un V6 de 3,2 l.
Mécanique
En Diesel aussi, l'Opel s'exprime en six cylindres, un moteur en ligne acheté à BMW. Le hic était jusqu'à peu que ce 2,5 l conservait une injection indirecte. Il se met au goût du jour en se convertissant à l'injection directe par rampe commune. Comme dans la 525d, mais avec 13 ch de moins. Ce qui fait néanmoins 20 ch de gagnés et qui constitue une offre plus convaincante que la 2.2 DTI, dont le quatre-cylindres ne développe que 110 ch.
La Superb aussi possède un six-cylindres Diesel, le V6 TDI qui cube également 2,5 litres et qui fournit 155 ch. Mais, compte tenu du poids inférieur de sa grande traction, Skoda peut se contenter d'opposer la TDI 130, dont le « quatre-pattes » universel équipe aussi bien Audi que Seat, ou VW. A injection directe comme tout le monde, il se distingue toutefois parce que, à la rampe commune de presque tout le monde, il préfère les injecteurs-pompes. C'est une technique chère à Volkswagen - et à Land Rover - qui apporte l'essentiel, avec une puissance élevée, un couple important et une sobriété remarquable, mais qui pèche un peu par sa rugosité.
L'Omega devrait donc écraser la Superb de son onctuosité. Cela se confirme grâce au nombre de cylindres, mais se trouve limité par l'âge aujourd'hui canonique de ce moteur, même relifté. Toutefois, si le bilan se trouve mitigé à cause du poids, qui se ressent en performances (pas sensiblement supérieures à celles de la Skoda) et en consommation (franchement supérieure cette fois), l'Opel procure un bel agrément de conduite. Ne serait-ce qu'en épargnant quelques rétrogradations lors des reprises.
En effet, la Superb se montre performante, et remarquablement sobre, mais elle exige de jouer davantage du levier de changement de vitesse. A ce propos, le TDI 130 s'accouple bien à une boîte à six vitesses, mais pas chez Skoda... De la même façon, si l'on veut bénéficier d'une transmission automatique, il faut passer au modèle supérieur, au V6 TDI Tiptronic.
Châssis
Propulsion, l'Omega en est une rigoureusement conçue et idéalement équilibrée. Les modèles les plus forts en couple, dont cette 2.5 DTI, l'endiguent avec un antipatinage en série, voire un différentiel autobloquant en option. Pour être dans le coup, la grande Opel se dote systématiquement du contrôle de trajectoire ESP.
Ange gardien électronique que la Superb, produit haut de gamme du groupe Volkswagen, ne pouvait pas manquer de proposer... mais seulement à partir de la finition Comfort. Avec sa constitution de Passat à empattement long (+ 10 cm), la Superb affiche une stabilité imperturbable. La grande Skoda a bien tout pour tenir admirablement la route, horizontalement. Dotée d'une direction précise et d'un train avant incisif, elle se joue des courbes. Elle peut y entrer vite et en sortir encore plus vite, grâce à une motricité impeccable. C'est dans le sens vertical que cela se complique. Une simple bosse engendre des mouvements de pompage de l'avant. En l'absence d'amortisseurs efficaces (décidément un péché mignon du groupe allemand, qui rejaillit sur ses satellites espagnol et tchèque), les enchaînements de virages se traduisent par des changements d'appui imprécis.
Si elle se distingue radicalement de la Superb, parce qu'elle est propulsion, l'Omega s'en rapproche à cause d'amortisseurs pas assez tarés. Son comportement routier apparaît plaisant, avec un train avant qui mord dans le virage et un arrière sage. Mais, ici aussi, cela vaut sur route plane. L'Omega ne pompe pas de l'avant comme une Volkswagen, ou une Skoda, mais se dandine.
Equipements
L'Omega ne propose que deux exécutions, Elégance ou Exécutive. Notre Elégance dispose du Pack Premium, qui marie la sellerie en cuir (et les sièges avant chauffants) aux inserts d'aluminium et augmente le diamètre des roues à 17 pouces.
La Superb repose sur de larges pneus, dont le diamètre passe aussi de 16 à 17 pouces à partir de la finition Elégance. A la base, les Classic et Classic Pack se veulent déjà très bien équipées : phares antibrouillard, rétroviseurs dégivrants, quatre lève-vitres électriques, radiocassette (CD dans la Pack), air conditionné (automatique dans la Pack), airbags latéraux avant, voire protège-tête avant et arrière pour la Pack. La Comfort s'enrichit avec : ESP et assistance au freinage d'urgence, jantes en alliage, touches de cuir (volant, levier de vitesses), rétroviseurs extérieurs avec éclairage du sol et intérieur jour-nuit automatique, trappe et housse à skis, volant multifonctions, essuie-glace à détecteur de pluie... compartiment avec parapluie dans la porte arrière gauche ! A l'équipement de la Comfort, l'Elégance, qui se distingue par des touches extérieures de chrome, parvient à ajouter : roues de 17 pouces, rétroviseurs extérieurs rabattables et à mémoire, phares bixénon avec lave-phares, chargeur de 6 CD, sièges à réglages électriques à l'avant, chauffants à l'avant et à l'arrière !
L'Opel n'est pas en reste. Si son chargeur n'embarque que quatre CD, elle s'équipe de la navigation par GPS en série ! En revanche, de son temps, on n'avait pas encore la tête aux airbags rideaux.
Vie à bord
Avec son empattement supérieur de 10 cm à celui de la Passat, la Superb offre aux jambes des passagers arrière, qui accèdent à leur place par une porte de taille inhabituelle, une longueur tout aussi inhabituelle. D'autant que le coffre n'est pas si profond. Ce qui ne l'empêche pas de présenter un volume confortable et surtout, une forme parfaitement « cubique ». En revanche, il n'est pas modulable. Seul perçage dans la tôle le séparant de l'habitacle, la trappe à skis se double d'un sac.
La malle de l'Opel apparaît plus longue et plus vaste, mais de forme moins géométrique. Un début de modularité semble avoir été improvisé, en ajourant la cloison. De plus, les dossiers arrière fractionnés se rabattent. L'Omega trahit encore son âge par sa position de conduite. Ainsi, la colonne de direction reste sur les genoux. Seul le volant peut basculer vers le haut, donc vers l'horizontale.
Au contraire, avec sa colonne réglable en hauteur et télescopique, la Superb permet de se concocter une position sur mesure, que l'on aime piloter à ras les pâquerettes, ou conduire en dominant la situation.
Bilan
Ces deux grandes berlines reposent sur de super châssis... qui mériteraient des amortisseurs mieux tarés. Capables de virer comme sur des rails, elles pompent et perdent en précision si la route n'est pas parfaitement lisse. Ce dont pâtit le confort, excellent sur route plane. Correctement insonorisées, la Superb comme l'Omega offrent dans ces finitions haut de gamme, une présentation flatteuse et un équipement princier. A un prix défiant toute concurrence, surtout la Skoda. Toute concurrence, sauf celle de la... Passat. En effet, la Volkswagen, un peu plus courte il est vrai, tendrait à en donner encore davantage et, une fois n'est pas coutume, pour un peu moins cher !
















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