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L'injection directe se démocratise

Jean-Louis Debieuvre Photos de Denis Meunier 
Lundi 11 octobre 1999
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Toujours plus modernes, plus performants et moins polluants, les nouveaux Diesel étendent leur emprise sur une gamme de plus en plus large. Dotées de ces motorisations, la Brava et la 323 retrouvent une nouvelle jeunesse.

JTD contre DiTD : le B.A.-ba des sigles a de quoi mettre HS le plus performant des QI. CQFD. Plus simplement : derrière des appellations barbares, les progrès colossaux des motorisations Diesel commencent à bénéficier aussi aux voitures de moyenne gamme. Tant mieux pour la Fiat Brava et la Mazda 323 qui se donnent aujourd'hui les moyens de leurs nouvelles ambitions. A part quelques modifications de ligne, de calandre et d'aménagement intérieur, l'italienne profite surtout du nouveau moteur à common rail de 1,9 l, le nec plus ultra de la technologie actuelle en matière de Diesel.

Pour la japonaise, le changement est plus radical. Equipée du Diesel à injection directe de 2 l hérité de la 626, elle se présente aujourd'hui sous la forme d'un mini break élégant dont l'allure n'est pas sans rappeler celle de l'ancienne Toyota Corolla. Modèles phares de leurs gammes respectives, la Brava JTD et la 323 DiTD font naturellement équipe avec le plus haut niveau de finition : ELX pour la Fiat, DTX pour la Mazda. Ce qui donne des voitures bien équipées, mais aussi chères pour leur catégorie. Toutes deux dépassent allégrement les 100 000 F.

Châssis

Si la Brava et la 323 disposent d'une longueur quasiment identique - 4,2 m pour la première, et 4,19 m pour la seconde -, toutes deux visent des buts bien différents. Avec son empattement court (2,54 m) et ses volumes tricorps, la Fiat reste une voiture compacte et classique. Grâce à son empattement supérieur (2,61 m) et à la modularité engendrée par sa carrosserie, la Mazda privilégie l'habitabilité et le côté fonctionnel. En un mot, c'est la bourgeoise Brava contre la rustique 323. A l'une, la douceur ; à l'autre, la rigueur. Cette antinomie se confirme, bien sûr, dans les comportements.

A bord de l'italienne, toutes les réactions sont feutrées. La suspension souple pense d'abord au confort, même si elle se révèle sautillante sur les routes bosselées, avouant par là l'âge de la conception de ses liaisons au sol. La direction est au diapason, avec une assistance hypertrophiée et un point neutre fluctuant qui nuit au guidage. Autant dire que la Brava ne pousse pas à la conduite sportive, ce qui n'est d'ailleurs pas son propos. Elle reste, en revanche, très sécurisante grâce, notamment, à un freinage progressif et d'autant plus efficace qu'il est secondé par un ABS en série.

Point de tout ça sur la Mazda. ABS absent, course d'embrayage ultracourte, garde inexistante à la pédale de freins : on est tout de suite dans le vif du sujet, et la conduite de la 323 a quelque chose de viril, sinon de brutal. Cela dit, la voiture a un comportement cohérent et sain avec des suspensions plus fermes ainsi qu'une direction plus précise grâce à une assistance asservie à la vitesse. Reste à savoir si ce tempérament rugueux se justifie sur une voiture dépourvue d'ambitions sportives.

Moteur

En passant de la 626 à la 323, le moteur Mazda à injection directe a perdu 10 ch et n'en dispose plus que de 90. En soi, la valeur reste honorable d'autant que le couple s'est vu gonflé à 220 Nm dès 1 800 tr/min. Mais, face aux 105 ch de la Brava JTD, la performance se révèle insuffisante pour lutter à armes égales. Il est vrai que le moteur Fiat reste d'un agrément exceptionnel. Avec son couple maximal obtenu dès 1 500 tr/min, ses montées en régime régulières, son souffle inépuisable même aux abords de la zone rouge, il procure un agrément de conduite propre à convertir au diesel les derniers irrédentistes de l'essence. En comparaison, le moteur de la Mazda semble une fois encore plus rustique. Puissance moindre, couple plus haut, plage d'utilisation inférieure : ses handicaps sont nombreux, surtout si l'on ajoute un cinquième rapport trop long. Pour accélérer de 80 à 120 km/h sur ce dernier rapport, la 323 en sous-régime est à la peine, alors que la Brava se joue de l'exercice. Quant aux accélérations de 0 à 100 km/h, il suffit de 10"6 à la Fiat contre 12"2 à la Mazda.

Il est un terrain, en revanche, sur lequel les deux protagonistes se rejoignent pour faire jeu égal : celui du bruit. JTD ou DiTD : si les performances des moteurs Diesel se rapprochent de celles des moteurs à essence, leur niveau sonore reste encore largement supérieur. Notamment sur ces voitures moyennes dont la qualité d'insonorisation est bien moindre que celle des grandes routières. A bord de la Brava comme de la 323, il faut élever le ton dès 120 km/h pour maintenir la conversation. A cet excès de bruit, il faut ajouter pour la 323 des vibrations déplaisantes à bas régime qui s'estompent heureusement par la suite.

Vie à bord

Un cocon douillet et chaleureux : tel se présente l'habitacle de la Brava. Si l'allure extérieure de la voiture a peu changé, l'aménagement intérieur a profité d'importantes améliorations, surtout dans la qualité des matériaux utilisés. Ainsi le plastique de la planche de bord, sous son nouvel aspect granité, apparaît comme plus raffiné et moins strict que dans le modèle précédent. Idem pour le velours des sièges, soyeux à souhait, qui apporte une touche de luxe à l'ensemble. Bien enveloppant, les sièges avant assurent un excellent maintien. Dans cet univers de douceur, le seul point dur réside dans les manettes de clignotants et d'essuie-glace. Une vieille habitude chez Fiat. Pour les passagers arrière, l'espace est plus mesuré, surtout aux genoux. De plus, les vitres ne se baissent pas entièrement.

L'habitacle de la 323 se révèle plus basique. Omniprésence des plastiques (jusque dans les panneaux de portes), banalité du tableau de bord, piètre qualité du velours : la décoration est sans charme ni fioritures. Reste que la Mazda est étonnamment pratique pour le transport des personnes ou des objets. Avec trois ceintures à enrouleur, les places arrière sont trois vraies places, y compris pour des adultes qui pourront y caser sans problème leurs jambes. Cette banquette présente en outre l'originalité de coulisser sur 16 cm et se règle donc en fonction des besoins pour augmenter le volume du coffre ou, au contraire, l'espace des passagers. Quant au siège du passager avant, son dossier se rabat à l'horizontale pour se transformer en tablette. Ce côté pratique ne doit pas occulter l'inconvénient majeur de la vie à bord : le bruit. Bruit du moteur certes, mais aussi de l'air à cause, notamment, du défaut d'ajustement des joints de portière en caoutchouc, ou encore de l'essieu arrière à l'insonorisation problématique. Sous la pluie, on a vraiment l'impression que l'eau projetée par les pneus pénètre directement dans l'habitacle.

Equipement

L'expression « niveau de finition supérieur » peut s'entendre de différentes façons. Pour la Brava ELX, il faut la prendre au sens large. Son niveau d'équipement est, en effet, digne d'une catégorie supérieure : ABS, climatisation, double airbag, quatre vitres électriques, télécommande, etc. On s'étonne presque que les miroirs de courtoisie ne soient pas éclairés.

Pour la 323 DTX, la formule est plus restrictive. Comparé à celui de son rival, l'équipement fait parent pauvre : pas d'ABS, un seul airbag, un plafonnier central, des vitres arrière mécaniques, trois vraies places arrière, mais deux appuis-tête seulement. Sans parler du vide-poches « avaleur », devant le levier de vitesse.

N'étant pas hermétiquement fermé en son fond, un coup de frein et il avale tout ce qu'il contient. Cartes de crédit, pièces de monnaie et téléphone portable disparaissent ainsi, engloutis sous le tableau de bord. Et il faut des doigts de fée pour les récupérer.

Bilan

A vrai dire, l'épreuve du comparatif est un peu dure pour la 323 DiTD qui, dans le fond, ne démérite pas. Surtout face à cette Brava dont le moteur JTD reste une référence dans sa catégorie. Il n'en est pas moins vrai que ses défauts de jeunesse, notamment dans la qualité de la finition, devront être corrigés pour qu'elle puisse défier le champion. A son crédit, une habitabilité supérieure, une modularité intelligente et une consommation légèrement réduite (5,1 l en mixte, contre 5,5 l à la Fiat). Quant à son prix, il est aussi plus avantageux de 11 000 F. Mais cet avantage ne résiste guère à l'analyse dès que l'on compare les niveaux d'équipement. La Brava JTD peut donc poursuivre sa route en toute sérénité. Elle a de l'avance.

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