Découvert sous la forme d'un prototype au Salon de Genève, en mars dernier, le Mitsubishi Pajero Pinin est fabriqué chez Pininfarina, en Italie, sur la base du Pajero Io, une version japonaise déjà dessinée par le carrossier italien. Pajero en réduction, il vient jouer dans la cour des Toyota RAV 4, Honda HR-V, Suzuki Vitara et autre Land Rover Freelander. Ces 4 x 4 de la catégorie loisirs en pleine expansion sont conçus avant tout pour séduire une clientèle urbaine et aisée, qui délaisse rarement le bitume. Parmi eux, seuls le Land Rover et le Suzuki proposent une motorisation Diesel.
Pour un poids inférieur à 1 300 kg, le Pinin dispose d'un moteur à essence à injection directe de 1,8 l et 88 kW/120 ch capable de l'emmener à près de 170 km/h et de le propulser de 0 à 100 km en à peine plus de dix secondes. Pour un 4 x 4 c'est remarquable. En combinaison avec une bonne position de conduite surélevée, il en découle un réel agrément de conduite si on se contente de la boîte de vitesses mécanique.
En effet, la transmission automatique fait figure de dinosaure. En dépit de la douceur des passages, qui donnera satisfaction aux habitués, elle ne pourra convaincre les autres qui seront incommodés par ses hésitations. Tout spécialement en ville, où se produisent d'incessants va-et-vient entre troisième et quatrième rapport.
Favorisé par son gabarit, sa légèreté et sa puissance, le Pinin affiche une maniabilité étonnante qu'on peut exploiter au mieux grâce à une excellente visibilité. Comme la direction se montre précise et que les freins répondent bien, on n'hésite pas à se faufiler en ville, à prendre la tête aux feux rouges, à forcer la cadence sur la route et à envisager de longs trajets sur autoroute. Cependant, les réactions de suspension demeurent typiques d'un 4 x 4, et cela limitera les ardeurs des plus optimistes.
Trépidations et sautillements se succèdent au point de compromettre sérieusement le confort et, parfois, le comportement lorsque les roues quittent le sol avec des écarts de trajectoire à la clé.
Même entièrement en plastique, la planche de bord affiche une finition de bel aspect et d'entretien facile. Seuls gros défauts de l'aménagement intérieur, la colonne de direction n'est pas réglable, et l'accès aux places arrière est rendu difficile par un siège du passager dont seul le dossier se bascule. Il faudrait au moins que l'assise coulisse et, pourquoi pas, qu'il soit doté d'une mémoire permettant le retour à la position initiale.
Homologué en quatre places seulement, le Pajero Pinin offre un coffre de petite taille, et il faudra souvent rabattre l'un des dossiers arrière pour emporter son nécessaire. On regrettera alors que les assises fixes ne permettent pas de disposer d'une surface bien plane.
Côté bons points, les dossiers se rabattent appuis-tête en place, les très grands rétroviseurs extérieurs apportent une rétrovision remarquable, et la position de conduite est excellente.
Parmi les regrets, la roue de secours extérieure est exposée aux chocs et au vol, et elle se révèle fatigante pour les charnières. Quand à la porte battante ouvrant dans le mauvais sens, c'est une gêne constante au quotidien. Il faudrait au moins que la vitre puisse s'ouvrir pour déposer de petits objets.
Séduisant, performant sur la route et efficace en tout terrain, le Pajero Pinin est un petit engin attachant en dépit d'un confort médiocre et de quelques détails pesants à vivre au jour le jour. En ce sens, il a tout du bon petit diable. Mais, quand on découvre les tarifs, on a envie de le traiter de gosse de riche, même si l'équipement et le prix des concurrents sont, en partie, des justifications valables.
















RSS
